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Nos actions

Le Vétiver en Haïti

7 coopératives
créées et soutenues

Plus de 600 familles impactées

Surfaces géo-référencées :
322 ha

Parcelles anti-érosion en place :
9 ha (NRSC)/ 7 ha (PNUE)

Projets sociaux financés par la Coopérative :
Systèmes d’eau potable, magasins communautaires, micro-crédit

EXOTIQUE, BOISÉ ET UTILE

Le vétiver désigne certaines plantes de la famille des graminées mais surtout, en parfumerie, l’espèce Chrysopogon zizanioides. Il prospère dans les zones tropicales ; on le reconnaît facilement à ses grandes touffes vertes. Mais c’est surtout sous la terre que le vétiver est surprenant. Sa racine, qui peut parfois atteindre près de trois mètres de profondeur, suscite l’intérêt des professionnels de l’industrie du parfum. Cette racine fournit, après distillation, une huile essentielle très épaisse à l’arôme fin et complexe, particulièrement adapté à la confection de parfums pour hommes : boisé, aromatique, vert et parfois légèrement fumé.

Trois variétés de vétiver sont utilisées en parfumerie : le Bourbon, le vétiver de Java et celui d’Haïti. Le vétiver a toutefois un autre usage clé pour l’environnement. Grâce à ses racines, il est très utile pour prévenir l’érosion des sols. Les haies de vétiver permettent aussi à la terre de conserver l’humidité et de stabiliser les digues.

LE VÉTIVER ESSENTIEL POUR LES HAÏTIENS

En Haïti, le vétiver est l’une des principales ressources économiques, notamment dans la région des Cayes (qui produit 90% du vétiver national). Selon les estimations, plus de 20 000 agriculteurs haïtiens vivent du seul revenu issu de la récolte de ses racines. En 2011, lors de l’évaluation de la filière, seule une quinzaine de distilleries – majoritairement délabrées – assuraient sa transformation en huile essentielle. Son prix est volatile, notamment à cause du climat local instable, des augmentations des prix du fioul et du gazole et des périodes de sécheresse.

UN ENVIRONNEMENT PRÉCAIRE

Ce contexte difficile contribue à développer structurellement la précarité de tous les agriculteurs et producteurs de vétiver. D’autre part, certaines techniques de production sont inadaptées et ne permettent pas de garantir une qualité optimale de l’huile essentielle. Elles impactent aussi fortement l’environnement local en accélérant l’érosion des sols.

LE NRSC ENGAGÉ AUPRÈS DES PRODUCTEURS

Face à ce constat, un projet pilote a été mis en place entre 2012 et 2017 pour créer et soutenir des coopératives agricoles, favorisant le développement d’une chaîne d’approvisionnement du vétiver plus structurée et durable. Mis en place en collaboration avec Ayitika (cabinet de conseil local) et l’association française Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, le programme a permis de former les agriculteurs sur les domaines techniques et administratifs, de partager et co-construire de meilleures pratiques agricoles et de gestion, pour prévenir l’érosion des sols et garantir de meilleures conditions de vie aux producteurs locaux.

AU SERVICE DES COMMUNAUTÉS LOCALES

Ces coopératives ont été encouragées à réinvestir une partie de leurs gains dans des projets sociaux au cœur de leurs communautés. La plupart d’entre-elles investissent dans l’amélioration de leurs infrastructures et de leur approvisionnement en eau. D’autres ont choisi d’investir dans de petits magasins d’alimentation ou de matériaux.

Ce programme, pilote historique pour le NRSC, a confirmé la pertinence de ses objectifs fondateurs. Le modèle établi a apporté des résultats significatifs tant techniques qu’économiques. Il a permis un apprentissage et une capitalisation d’expérience réels pour l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur, et des engagements ont été pris pour maintenir les bonnes pratiques partagées. Pour autant, des marges d’amélioration restent d’actualité, notamment pour la professionnalisation des coopératives.

L’expérience réussie a ainsi conduit l’Agence Française du Développement à prendre le relais sur l’accompagnement des coopératives et le renforcement de la lutte contre l’érosion des sols.